Le campement d’artistes

Aujourd’hui plus que jamais, Le Manège est un lieu refuge pour les artistes, qu’il accompagne autant qu’ils l’accompagnent. Un lieu de création et de croisements, fertile et toujours en mouvement. Incursion dans les allées de ce campement d’artistes, à la rencontre de ceux qui l’habitent, à la découverte de ce qu’il deviendra demain.

Maubeuge,
la ville du Nord
la plus à l’Ouest

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de Géraud Didier, directeur du Manège

C’est quoi, le campement d’artistes ?

C’est tout ce qui permet au Manège d’être au plus près des artistes pour les accompagner, en soutien et en partage, sur les raisons d’être de leur projet. Souvent, les artistes ne savent pas où répéter, ils ont besoin de théâtres disponibles et ouverts, de temps de travail avec une équipe technique, et ici ils ont un environnement privilégié. Ils peuvent finaliser une production, faire quelques réglages, et ont neuf ou dix plateaux à disposition, entre le Manège, la Luna, l’Atelier Renaisssance, la salle Sthrau, la Gare numérique, l’espace culturel André Malraux…

Créer un état d’esprit pour que les gens se rencontrent.

La semaine dernière [cet entretien a été réalisé en juin 2021, NDLR], il y avait ici 66 personnes. On sait gérer de la multi-résidence et de la co-activité, créer un état d’esprit pour que les gens se rencontrent. On peut coproduire, faire de l’apport en industrie, financer des productions en totalité sous forme de productions déléguées.

C’est une vision qui dépasse la « simple » résidence d’artiste ?

Cette approche a doublé les recettes propres (la vente de ces spectacles représente autant que la totalité des recettes de la saison) et crée de l’emploi artistique et technique. La culture, c’est aussi une économie du travail. Pour cela, on a besoin d’un écosystème. Pour des dates courtes, on travaille avec des hôteliers, mais une résidence, c’est en moyenne 15 personnes, 100 fois par an, soit 1500 nuitées. L’hôtel, c’est beaucoup d’argent et donc des spec- tacles en moins. Aujourd’hui, avec la maison à côté des bureaux et l’appartement au fond du jardin, on a déjà neuf chambres. Entre les deux, les Cantuaines vont être transformées pour accueillir onze logements.

La culture, c’est aussi une économie du travail. Pour cela, on a besoin d’un écosystème.

Ainsi, on ne fragilise pas la saison et on devient de plus en plus fort pour accompagner les artistes. Cette organisation bâtimentaire, où les bureaux, le jardin et les logements sont reliés, crée un écosystème exceptionnel que les artistes adorent. D’ores et déjà, c’est un espace de croisement des énergies où naissent des projets qui alimentent la saison et le festival iTAK. 1+1 font rarement 2, mais plutôt 3, 4, 5 !

L’esthétique que défend Le Manège ?

Une esthétique de l’offensive amoureuse. De la conquête. Ce qui vous attaque c’est ce qui vous fait bouger, pas nécessairement ce qui vous agresse ou vous fait offense. L’enjeu est bel et bien de mettre au travail et le corps et l’esprit, de faire tomber certaines limites, en déplacer d’autres. Ce n’est pas une guerre, pas une chasse à courre, c’est l’entreprise de possiblement persuader l’autre de vivre autrement.

Une esthétique de l’offensive amoureuse. De la conquête.

Entretien réalisé par Sylvia Dubost.